Mother Walking To School With Children On Way To Work

A quoi servent les associations de parents d’élèves ?

Je me suis souvent posé la question de savoir si je devais faire partie d’une association de parents d’élèves. Comment trouver le temps entre les devoirs, les corvées, le travail et le reste ? Et surtout pour quoi faire ?

Pour quoi faire ?

« Pour moi, la question n’est pas tant qu’est ce que ça apporte aux parents, mais qu’est ce que ça apporte aux enfants. Pour ces derniers, c’est important de sentir que leurs parents s’intéressent à la vie de l’établissement. Quand on est parent d’élève, on appréhende les choses avec plus de justesse, sans en faire un cataclysme », m’a expliqué récemment Laurent Lescure, à la tête de Scoléo, une association ayant vocation à simplifier la vie familiale et scolaire.

Admettons que certains enfants puissent être heureux ou rassuré de sentir que l’un de ses parents s’implique. Mais à quoi ça sert ? Ces dernières semaines, les parents d’élèves se sont beaucoup exprimés contre la réforme des rythmes scolaires, mais cela va-t-il changer la donne? Ces associations sont-elles entendues ?

A quoi ça sert ?

Elles ont pour mission de représenter les parents auprès non seulement de la direction de l’école, mais aussi de la municipalité et de l’éducation nationale. Il s’agit là d’une responsabilité importante qui peut engager l’avenir d’un jeune. Les délégués sot un lien entre les professeurs et l’administration de l’établissement d’une part  et les familles d’autre part. Ils s’informent sur la vie de la classe et cherchent, avec le conseil de classe, des solutions aux éventuelles difficultés. Ils sont censés être attentifs aux cas d’élèves ou familles isolés ou en difficulté, sans chercher à se substituer aux professionnels (professeurs, administration, assistance sociale, médecin scolaire). Un délégué de parents aux conseils de classe a vocation à s’intéresser à l’ensemble des élèves, et pas seulement à son propre enfant. D’ailleurs, un parent volontaire peut même être délégué de parents pour une classe dans laquelle il n’a pas d’enfant. Et sur une liste, il peut y avoir autant de parents que l’on veut!

Est ce que ça prend du temps ?

Concrètement, en fonction du degré d’implication dans ces structures, il s’agit d’une occupation plutôt chronophage. En effet, les représentants de ces associations participent au Conseil d’Ecole, trois fois par an. Ils doivent aussi valider les compte de la coopérative. Certains organisent des activités certes utiles mais là aussi consommatrices en temps, comme par exemple des bourses aux livres. Mais comme le regrette Pierre Lescure, les efforts initiés par certains parents ne peuvent pas toujours se maintenir dans la durée : « nous nous sommes rendus compte que les équipes en place déploient une énergie considérable pour organiser des évènements, comme par exemple une bourse aux livres, mais dès lors qu’elles arrêtent, plus rien ne se passe, d’où des défaillances en termes d’organisation ». Optimiser « le passage de flambeau », tel est l’un des enjeux.

Quelles sont les principales associations de parents?

Ce sont la FCPE (assez militantiste), la PEP et l’APPEL. Il en existe d’autres, mais nettement moins puissantes. Au niveau national, les bureaux élus sont en place dans le cadre d’un mandat de trois ans. Ils sont censés défendre les intérêts des parents. Les prochaines élections des représentants des parents d’élèves se dérouleront le 10 octobre. Le vote s’effectue au sein de l’établissement scolaire fréquenté par l’enfant ou par correspondance.

A côté de ces très grandes structures, des associations indépendantes se constituent parfois. Marie-Hélène Boisseau, par exemple, est présidente d’une association qu’elle a monté : « Auparavant, j’étais trésorière de la FCPE. Dans le village où j’ai déménagé, les parents étaient plutôt en demande d’une association sans étiquette. C’est ainsi qu’est né l’APELI ».

Une méfiance croissante de la part des parents

A ses yeux, faire partie d’une association de parents, qu’elle quelle soit, permet de comprendre le fonctionnement de l’école et de savoir qui fait quoi. C’est aussi important pour garder un œil sur les dérives du système. « Mon but n’est pas de surveiller les enseignant mais de voir comment on peut améliorer la relation parents-enseignants, laquelle a besoin d’être réparée », conclut-elle.

Ce climat de méfiance croissante est d’ailleurs acté dans un rapport officiel qui vient de paraître. Ce texte dénonce la dégradation de la relation parents-professeurs. Près de la moitié des directeurs interrogés dans le rapport déclarent avoir été agressés, au moins une fois, par ces parents insatisfaits. Anna Topaloff vient quant à elle de publier un livre sur cette fameuse relation parents-enseignants, de plus en plus délétère. Un livre au titre évocateur :« la tyrannie des parents ». Selon elle, l’éducation nationale est responsable car elle a trop souvent donné raison aux parents. Quant aux parents, ils sacralisent trop à ses yeux la parole de leur progéniture. Son constat est sans appel : il faut les laisser à la porte de l’école. Cette journaliste risque de ne pas se faire que des amis, notamment au sein des associations de parents d’élèves !

 

 

 

 

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